DISCRIMINATIONS : « L’ÉCOLE AUX PREMIÈRES LOGES »
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Discrimination

DISCRIMINATIONS : « L’ÉCOLE AUX PREMIÈRES LOGES »

Par ARNAUD ALESSANDRIN

DES DISCRIMINATIONS LGBTI+ DANS LE 1ER DEGRÉ ? 

La France se trouve aujourd’hui dans une sorte de paradoxe : il y a de plus en plus de droits en faveur des minorités, de représentations, de discours, et en même temps une augmentation de l’homophobie et de la transphobie comme on voit d’ailleurs une augmentation du sexisme. 

L’école est poreuse : mises à l’écart, moqueries, insultes… Elle n’est pas seulement le réceptacle de ces violences, elle peut être aussi le lieu de formation des discriminations. L’école est donc aux premières loges. À partir de 7 ans, les enfants prennent conscience de leur appartenance à un groupe de genre et c’est en se sachant discriminé ou discriminable, injurié ou injuriable qu’ils construisent leur identité.

QUE PRÉCONISE LE DERNIER PLAN DE LA DILCRAH* ?

Trois changements radicaux : la formation des enseignants et enseignantes. Plus générique, plus globale concernant les questions LGBT, qu’elles soient proposées par les Inspe ou inscrites au plan académique de formation, pour se saisir de ces sujets, entre pairs. 

Ensuite le déploiement du programme EVAR, puisque dès le 1er degré, il est nécessaire de mettre en mot. Enfin, l’augmentation du financement des actrices et acteurs départementaux de la lutte contre les discriminations. La multiplication des centres LGBT impliquera plus d’interventions, notamment dans le 1er degré.

COMMENT S’EN SAISIR CONCRÈTEMENT ?

Le cadre du plan est protecteur. Dans les programmes EVAR, des séances correspondent aux étapes du développement psychoaffectif de l’enfant. Cela permet de légitimer la place de ces questions qui peuvent parfois mettre en difficulté, notamment auprès des familles. 

J’invite les PE à puiser dans les ressources des centres LGBT : dessins animés, BD, albums, films, témoignages, autant d’aides pour s’approprier des sujets qui abordent plus largement la fl uidité de genre sans parler directement d’homophobie ou de transphobie. S’interroger sur l’organisation de sa classe, sur le travail en groupes séparés, proposer des exemples de familles homoparentales, penser l’accueil de ces familles, revoir le fonctionnement des vestiaires, des WC… c’est déjà participer à la lutte contre les discriminations.

* DILCRAH : Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT